Certaines tisanes sont toxiques

Certaines tisanes sont toxiques

Certaines tisanes sont toxiques

Si vous aimez vous préparer des infusions ou même cultiver du thé et concocter vos propres mélanges, notez bien ce qui suit. Un rapport publié dans American Family Physician indique que certaines tisanes, et plus particulièrement les breuvages « faits maison », sont toxiques et peuvent entraîner des troubles du foie, du système digestif et du système nerveux.
En fait, les plantes médicinales étaient très couramment utilisées au XlXè siècle pour traiter toute une foule de maladies. Or, à mesure que la médecine moderne s’est développée, les remèdes « du bon vieux temps » ont été abandonnés, mais le public n’a jamais cessé de s’y intéresser. Dès lors, il est facile de comprendre que les médecins d’aujourd’hui ne soient pas très bien renseignés sur la toxicité des plantes, mais ils rattrapent le temps perdu. Bon nombre de personnes aiment cultiver leurs propres plantes pour faire du thé ou assaisonner leurs plats et, dans la plupart des cas, ces plantes ne présentent pas de danger.
Cependant, les tisanes suivantes peuvent être dangereuses et ce serait peut-être imprudent d’en boire.

□ Consolide, séneçon vulgaire, gordolobo, sassafras officinal, T’u-San Chi et séneçon jacobée.
Le Dr Ridker explique, à ce sujet, que « ces tisanes ont parfois provoqué des défaillances hépatiques, qui figurent parmi les complications les plus inquiétantes associées aux tisanes .
Les dangers que présentent notamment les tisanes de consoude ont été confirmés dans un rapport paru dans The Lancet En effet, dans de nombreux pays du monde, on a mis sur le marché toutes sortes de tisanes à base de consoude qui avaient la réputation d’être des remèdes naturels pouvant tout soulager, de l’arthrite aux infections. Or, au moins 4 alcaloïdes toxiques ont été identifiés dans la consoude commune, la consoude rugueuse et la consoude russe. Ces substances toxiques attaquent le foie et causent parfois la maladie veino-occlusive du foie, une forme d’aggravation de l’hypertension de la veine porte. En fait, cette maladie est une forme d’hypertension qui affecte le foie et peut entraîner une défaillance hépatique, voire la mort. En outre, les substances toxiques présentes dans la consoude ont été associées à des taux plus élevés de cancer et de tumeurs pulmonaires, lors de tests effectués sur des animaux. Les produits dérivés de consoude sont vendus sous forme de tisane, de poudre de racine et de gélules. Leur vente devrait être remise en question, indique le rapport paru dans The Lancet. Au Canada, on a déjà essayé d’interdire la vente de certains produits dérivés de la consoude. En fait, le nombre d’intoxications associées à la tisane de consoude pourrait être « gravement sous-estimé ».
□ Séné, raisin d’Amérique et nerprun. Ces tisanes peuvent causer de la diarrhée, de l’hypotension (basse tension artérielle) et de la déshydratation.
□ Lobélie, bardane, aubépine et stramoine. Ces tisanes peuvent causer des délires et désorientation, une vision brouillée, un dessèchement de la bouche et une dilatation des pupilles.
□ Mélilot, reine des près et arbre à fève tonka. Ces tisanes contiennent des coumarines. qui ont un effet anticoagulant.

Elles sont particulièrement dangereuses pour les personnes qui prennent déjà des anticoagulants ou des doses importantes d’aspirine.
□ Par contre, les tisanes à base de menthe, de framboise, de mûres, d’églantine et d’écorce d’agrumes sont bénéfiques et inoffensives.
Il arrive cependant que des tisanes habituellement inoffensives aient été combinées avec d’autres plantes dangereuses. Les chercheurs ont ainsi déterminé que la digitale, la scille, le muguet, le laurier jaune et le laurier-rose commun pouvaient contaminer certaines tisanes. En fait, ces substances peuvent produire des effets similaires aux glycosides cardiaques, présents dans les médicaments pour stimuler le cœur, comme la digitale. Comme le précise le Dr Ridker, des indications mettant en garde contre les effets secondaires potentiellement dangereux des tisanes ne sont pas exigées pour le moment, de sorte que les expositions accidentelles aux ingrédients toxiques contenus
dans les tisanes sont susceptibles de se développer.

Ainsi, au Canada, la Direction Générale de la Protection de la Santé, a commencé à réglementer les plantes en 1989, et les controverses couvent depuis. Cette agence canadienne a en effet isolé des plantes qui n’étaient pas considérées comme des aliments ou des drogues, mais qui se situaient entre les deux et qui n’avaient jamais été réglementées auparavant.
Or, selon la réglementation canadienne, les plantes sont divisées en 2 catégories. La première comprend les plantes qui ne peuvent pas être vendues comme aliments : il s’agit de substances interdites. La deuxième catégorie inclut les plantes qui doivent être vendues accompagnées d’une mise en garde sur leur toxicité.
Toutefois, les personnes opposées à ce genre de réglementation accusent la Direction Générale de la Protection de la Santé de manquer de constance en matière de réglementation des aliments utilisés à des fins médicinales. Les pruneaux, par exemple, sont connus pour leurs effets laxatifs, mais ils ne sont pas réglementés, et le café n’est pas vendu accompagné d’une mise en garde sur ses effets diurétiques.

La Direction Générale de la Protection de la Santé s’est peut-être attaquée à une tâche impossible en essayant de réglementer les aliments qui contiennent des substances cancérigènes. Par exemple, elle a interdit le sassafras officinal, une plante qui contient une substance cancérigène. Or, ses adversaires soutiennent que 99 % des substances cancérigènes connues sont d’origine naturelle.

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