L'arthrite perturbe-t-elle le sommeil

L'arthrite perturbe-t-elle le sommeil

L’arthrite perturbe-t-elle le sommeil?

Sur 10 patients souffrant d’arthrite rhumatoïde, 8 d’entre eux signalent qu’ils se sentent souvent très fatigués pau cours de la journée. Généralement, les médecins ont coutume de dire que la fatigue diurne fait partie des souffrances qui affectent ces malades et qu’ils doivent en prendre leur parti. Pour de nombreux autres médecins, la fatigue peut être causée par l’arthrite elle-même ainsi que par les médicaments prescrits pour la traiter. Cependant, selon une nouvelle étude publiée dans Arthritis and Rheumaùsm, de nombreux cas de fatigue pourraient être dus à des perturbations du sommeil plus qu’à l’arthrite. Des médecins du Minnesota Régional Sleep Disorders Center ont, par ailleurs, mené une étude sur 16 patients atteints d’arthrite rhumatoïde chronique, mais ne souffrant d’aucune autre maladie. Le plus jeune des sujets avait 54 ans et le plus âgé 71. D est bon de noter qu’à aucun moment, ils n’ont observé un manque de sommeil chez leurs patients. Pourtant, ils ont été étonnés de constater que ces patients remuaient davantage les bras et les jambes pendant leur sommeil que les dormeurs « normaux ».

Fait sans doute plus significatif, le rapport révélait d’autre part que ces 16 patients se réveillaient très souvent pendant la nuit, beaucoup plus souvent même que ceux qui n’étaient pas atteints d’arthrite. D’après les lectures des ondes de leur cerveau, les patients atteints d’arthrite rhumatoïde se réveillaient et se rendormaient en moyenne 46 fois par heure, ce qui est assez stupéfiant, car ils ne dormaient vraiment que pendant des périodes de 1.3 minute à la fois, signale-t-on dans le rapport.

Toujours selon ce rapport, plus de 10 périodes sans sommeil duraient plus d’une minute chacune. En outre, le taux de réveil de ces patients était 2 à 3 fois plus élevé que celui d’un groupe de sujets faisant l’objet d’une autre étude, âgés de 75 ans et ne souffrant pas d’arthrite. Mais le plus étonnant dans tout cela c’est qu’aucun des
16 patients ne se rendait compte, le lendemain, du fait qu’ils avaient très mal dormi. De plus, en comparant leurs déclarations avec les mesures objectives des chercheurs, on a pu établir qu’ils n’avaient gardé un souvenir de leurs différents réveils qu’une fois sur deux.
D’autre part, il est intéressant de souligner qu’aucun d’entre eux n’a signalé que leur réveil avait été provoqué par des douleurs articulaires.

En revanche, les médecins n’ont pas essayé de contrôler les effets des médicaments sur ces tests. Us sont simplement partis du principe que la plupart des patients atteints d’arthrite rhumatoïde, prennent en général des médicaments, ce qui constitue, par conséquent, un facteur dont il faut tenir compte. De fait, si 9 des patients observés prenaient de la prednisone, les 7 autres ne prenaient rien mais se plaignaient des mêmes problèmes de sommeil. Par ailleurs, aucun d’entre eux n’absorbait de somnifères. L’un des patients prenait de l’amitriptyline, et un autre, de l’imipramine, mais seulement occasionnellement et à faibles doses.
Les chercheurs en ont conclu que ces « frappantes anomalies du sommeil » peuvent causer une somnolence diurne excessive chez les patients atteints d’arthrite rhumatoïde et qu’elles pourraient jouer un rôle dans l’apparition précoce de la fatigue. » Cette étude soulève l’hypothèse que ce symptôme de l’arthrite rhumatoïde pourrait constituer à lui seul, une maladie distincte. Pour conclure, disons qu’autrefois, les médecins soignaient l’arthrite globalement, mais qu’ils n’essayaient pas de traiter la fatigue qui l’accompagnait. Il est probable qu’à partir de maintenant ils traiteront à part la fatigue elle-même, en la distinguant de l’arthrite.

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