Les rythmes organiques naturels jouent un rôle vital dans le combat de cellules cancéreuses mortelles

Les rythmes organiques naturels jouent un rôle vital dans le combat de cellules cancéreuses mortelles

Les rythmes organiques naturels jouent un rôle vital dans le combat de cellules cancéreuses mortelles

Il est toujours préférable que le cancer du sein soit traité le plus tôt possible. Selon un rapport publié dans le Journal of the National Cancer Institute, l’étude de la chronobiologie a amené les chercheurs à se rendre compte que le choix du moment est déterminant dans le succès du traitement du cancer du sein par la chirurgie et la chimiothérapie. En effet, les chronobiologistes ont découvert que les cellules des tumeurs ont des séquences de division et de croissance précises qui diffèrent de celles des cellules normales. Grâce aux renseignements accumulés sur les cycles de croissance de ces cellules, ils ont réussi à « cibler » les cellules cancéreuses devant être détruites par chimiothérapie, tout en protégeant les cellules normales.

Les chronobiologistes ont également découvert que les cycles menstruels des femmes sont étroitement liés aux réactions du système immunitaire. En raison de ce lien, le taux de guérison et l’espérance de vie suite au traitement chirurgical d’un cancer du sein dépendent dans une large mesure du moment précis du cycle menstruel durant lequel la chirurgie est pratiquée. Ainsi, les femmes qui subissent une intervention chirurgicale du sein, soit une tumorectomie ou une mastectomie, pendant ou juste avant leurs menstruations présentent un taux 4 fois plus élevé de récidive et de décès. D’autre part, les femmes qui subissent de telles interventions chirurgicales entre le 7è et le 20è jour de leur cycle menstruel semblent mieux protégées contre le risque de développer un nouveau cancer du sein, ou des métastases (c’est-à-dire des
foyers secondaires de cancer dans d’autres organes). « Le moment de l’intervention chirurgicale dans le cycle menstruel est un indicateur indépendant des probabilités de métastases futures ou de dissémination du cancer à d’autres organes », écrit le Dr William J. M. Hrushesky. de l’AJbany Médical Collège.

Ce médecin et trois autres de ses collègues ont examiné les dossiers de 44 femmes pré-ménopausées qui avaient subi cinq ans plus tôt une intervention chirurgicale pour traiter un cancer du sein. Trois patientes étaient enceintes au moment de cette intervention, et elles sont décédées toutes les trois. Chez huit des 19 patientes qui avaient été opérées peu avant ou durant leurs menstruations, un nouveau cancer du sein s’est développé. Trois autres patientes ont développé un nouveau cancer du sein et des métastases dans d’autres organes. Ces trois femmes avaient été opérées soit pendant leurs menstruations, soit peu avant ou après celles-ci. D’autre part, aucune des patientes ayant subi l’intervention chirurgicale entre le 8e et le 18e jour de leur cycle menstruel n’ont vu réapparaître un nouveau cancer du sein ou des métastases. « Nos découvertes indiquent que le moment auquel la chirurgie est pratiquée a un effet déterminant tant sur l’incidence et la rapidité de récurrence de la maladie que sur la guérison et la survie », précise-t-on encore.

Les chercheurs émettent même l’hypothèse que les fluctuations des taux d’hormones dans la circulation sanguine ont un effett sur le nombre de cellules tueuses naturelles dans le sang. Ce phénomène influencerait donc grandement les risques que le cancer ne réapparaisse ou ne s’étende à d’autres organes. Ainsi, en se fondant sur des études menées à la fois sur des animaux et sur des êtres humains, les scientifiques en sont venus à penser que le système immunitaire d’une femme est plus faible pendant ses menstruations, ou peu avant, ou juste après celles-ci. H s’agit peut-être d’une réaction destinée à aider l’ovule à s’implanter dans l’utérus. Pendant cette période, los cellules tueuses sont donc moins nombreuses dans son organisme.

D’autre part, le système immunitaire d’une femme devient beaucoup plus efficace entre le 7e et le 21e jour de son cycle et atteint son sommet vers le milieu du cycle. Ainsi, c’est au milieu de son cycle qu’une femme a le plus de cellules tueuses naturelles dans le sang. Or, ces armées de cellules tueuses naturelles pourraient être plus efficaces vers le milieu du cycle pour repérer et tuer les cellules cancéreuses qui échappent à la chirurgie.
Cette étude représente un grand pas en avant car elle est la première à établir un lien entre le moment où est pratiquée l’intervention chirurgicale et la dissémination du cancer pendant le cycle menstruel. Malheureusement, elle met aussi en évidence des lacunes dans les suivis et les dossiers médicaux conservés par de nombreux médecins et de nombreux hôpitaux dos États-Unis. En fait, les chercheurs ont démarré difficilement leur étude en raison du manque de dossiers précis. Ils ont en effet découvert que bon nombre de médecins et d’hôpitaux ne notaient jamais les cycles menstruels des femmes. « Cette omission peut nuire aux tentatives faites plus tard pour étudier rétrospectivement chez un grand nombre de patientes le lien qui existe entre le cycle menstruel, d’une part, la maladie et son traitement, d’autre part », soulignent les auteurs de cette étude.

Par ailleurs, cette étude laisse aussi penser que le cycle menstruel des femmes pourrait jouer un rôle beaucoup plus important qu’on ne le soupçonnait auparavant dans de nombreuses maladies et pas seulement dans les cas de cancer du sein. Bien entendu, les conclusions de cette étude ont une portée limitée, notamment à cause du petit nombre de sujets étudiés. Ses auteurs ont cependant certains conseils à donner : ils encouragent « vivement les médecins à noter la date des dernières menstruations de leurs patientes avant de leur faire subir des interventions médicales ou chirurgicales majeures pour traiter une maladie grave ». Les résultats de cette étude sur le cancer du sein laisse également penser que le temps de survie et les taux de guérison d’autres cancers pourraient être améliorés si l’on coordonnait les traitements avec les rythmes naturels de l’organisme. Toutefois, bien que la coordination des traitements avec les cycles de division des cellules (le cycle circadien et le cycle menstruel) semble très prometteuse du point de vue de ses bienfaits potentiels, la plupart des médecins n’ont pas encore commencé à tenir compte de leur chronobiologie. Selon le rapport publié dans le Journal of the National Cancer Institute. « le monde médical… s’est montré plutôt lent à accepter cette discipline ».

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