L'exposition à la fumée de cigarette dans un espace dos pourrait faire tripler les risques de cancer chez les femmes

L'exposition à la fumée de cigarette dans un espace dos pourrait faire tripler les risques de cancer chez les femmes

L’exposition à la fumée de cigarette dans un espace dos pourrait faire tripler les risques de cancer chez les femmes

Le tabagisme n’est pas seulement dangereux pour les fumeurs. Selon deux études récentes, le seul fait d’être dans la même pièce qu’une personne qui fume peut être dangereux pour les non-fumeurs, et plus particulièrement pour les femmes.
Ainsi, les risques de cancer du col de l’utérus et du sein, des femmes non fumeuses ayant été exposées à la fumée « latérale » ou encore appelée fumée « secondaire » ou « tabagisme passif, sont plus élevés. « Fumée latérale », « fumée secondaire » ou « tabagisme passif » sont des termes qui signifient la même chose, selon l’U.S Government Office on Smoking and Health (Bureau américain sur le tabagisme et la santé). Ces termes se réfèrent à la fumée de tabac qu’une personne non fumeuse inhale, malgré elle, particulièrement dans un endroit fermé comme un bureau ou une maison.

Des chercheurs de l’université de l’Utah ont découvert que les femmes exposées à la fumée secondaire pendant plus de 3 heures par jour, sont trois fois plus exposées au cancer du col de l’utérus et au cancer du sein. En fait, les risques de cancer causées par la fumée secondaire sont particulièrement élevés pour les femmes dont les maris ou les enfants fument. Cette étude a été publiée dans 7?ie Journal of the American Médical Association. Elle a été menée sur trois ans et sur 270 femmes âgées de 20 à 59 ans qui souffraient de cancer du col de l’utérus. Les chercheurs ont comparé l’exposition à la fumée des patientes atteintes de cancer à celle d’un groupe témoin de 408 femmes saines. Bien qu’on ait pris soin de ne pas mettre en cause la fumée de cigarette pour justifier la présence du cancer dans le col de l’utérus, on a tout de même suggéré que le tabagisme pouvait avoir joué un rôle promordial dans le développement de la maladie.

Malgré les recherches spéculatives menées par de nombreux scientifiques à ce sujet, pendant plus de 10 ans, on peut noter que l’étude de l’université de l’Utah a été la première a établir
un lien direct entre la fumée secondaire et le cancer du col de l’utérus. (La fumée secondaire avait déjà été associée au cancer du poumon).
Une deuxième étude statistique a corroboré le fait que l’inhalation involontaire de la fumée de tabac à l’intérieur d’un espace clos est un important facteur de risques du cancer du sein. En effet, même si l’on pense que l’œstrogène, une hormone féminine, joue un rôle majeur dans le cancer du sein, le tabagisme passif pourrait en être la deuxième cause. C’est ce qu’affirme le Dr A. Wesley Horton dans un rapport paru dans la revue Cancel quand il dit : « L’œstrogène pourrait être la principale cause du cancer du sein, mais de plus en plus de données de recherches confirment que le tabac inhalé à l’intérieur d’une pièce joue aussi un rôle critique. » C’est pourquoi, il déclare qu’une américaine sur 10 souffrira de cancer du sein.

Professeur à l’université Oregon Health Sciences, le Dr Horton a découvert aussi que dans les pays où le nombre de cancers du poumon est élevé chez les hommes, celui du cancer du sein l’est aussi chez les femmes, même chez les non-fumeuses. Inversement, dans les pays où la présence du cancer du poumon est faible chez les hommes, celle du cancer du sein l’est aussi. « Les femmes sont en effet souvent exposées à la fumée secondaire chez elle et au bureau, mais la fumée des cigarettes de leurs maris est le facteur prépondérant », affirme le Dr Horton.

D’autre part, « les risques accrus de cancers causés par la fumée secondaire ne se limitent pas seulement aux non-fumeurs, ils touchent aussi les fumeurs ». C’est une information que le Dr Horton a tiré de 2 articles du Dr DP. Sandler publiés dans le American Journal of Epidemiology. C’est pourquoi, le Dr Horton estime que l’inhalation de fumée secondaire peut être plus dangereuse que le fait de fumer
une cigarette. « Certains des composés chimiques déclencheurs (du cancer) sont beaucoup plus concentrés dans la fumée secondaire que dans la fumée primaire », dit-il. (La fumée primaire étant la fumée inhalée directement par le fumeur). Toutefois, selon le rapport du Dr Horton, une femme non-fumeuse doit inhaler de la fumée secondaire pendant 20 ans avant que le cancer du sein n’apparaisse.

C’est ce qui expliquerait que les taux élevés de cancer du sein constatés aujourd’hui, pourraient être le résultat de l’inhalation involontaire de fumée secondaire dans un espace clos à la fin des années 60 et au début des années 70. À cette époque en effet, on n’interdisait pas encore de fumer dans les lieux publics. Si vous n’avez jamais fumé et avez toujours vécu et travaillé dans un environnement sans fumée, vous avez de la chance. Le Dr Horton pense que vos risques de cancer du sein sont inférieurs à 10 %. Quant aux fumeurs, le Dr Horton leur suggère de pratiquer cette habitude à l’extérieur. Car « les aires réservées aux fumeurs ainsi que les systèmes de climatisation à re-circulation d’air pollué par la fumée, font plus que doubler… l’exposition à la fumée secondaire », conclut-il.

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