L'huile de poisson et la chirurgie

L'huile de poisson et la chirurgie

L’huile de poisson et la chirurgie

Des études récentes laissent penser que la prise d’huile de poisson avant et après 2 interventions chirurgicales très différentes peut avoir des effets bénéfiques. Ainsi, dans le cadre d’une étude, on a observé que l’huile de poisson semblait contribuer à garder les artères en bon état à la suite d’une chirurgie par « ballonnet ». D’ailleurs, une autre étude a permis de démontrer que l’huile de poisson contribue à prévenir la dissémination des cellules cancéreuses qui échappent à l’opération.

Enfin, selon une étude menée au Washington Hospital Center, une consommation extrêmement élevée d’huile de poisson peut « très fortement améliorer » les résultats d’une angioplastie coronarienne (intervention chirurgicale réalisée à l’aide d’une sonde à ballonnet). En général, environ le tiers des artères débloquées par angioplastie sont de nouveau obstruées par du cholestérol et des dépôts 6 mois plus tard. Cependant, le Dr Mark R. Milner déclare que la prise de doses élevées d’huile de poisson pendant six mois seulement peut réduire ce taux d’échec de moitié.

En outre, l’huile de poisson semble être utile aux patients qui subissent un autre type d’intervention chirurgicale. En effet, une étude menée à la faculté de médecine de l’université de Harvard laisse penser que des suppléments hautement purifiés d’huile de poisson contribuent à prévenir la dissémination de cellules cancéreuses qui peuvent survivre durant et après une intervention chirurgicale pratiquée pour éliminer des tissus cancéreux. D’ailleurs, le Dr George Blackburn. de l’université de Harvard, qui est aussi responsable du service de nutrition au New England Deaconess Hospital. a expliqué que des suppléments d’huile de poisson avaient été administrés à des cancéreux une semaine avant qu’ils ne soient opérés. Or, après l’intervention chirurgicale, les patients ont conti-
nué à prendre de l’huile de poisson pendant des périodes allant de 3 à 6 mois. Le Dr Blackburn a ainsi pu observé que les patients qui présentaient les taux les plus faibles de métastases (propagation du cancer à d’autres organes) étaient ceux qui prenaient de l’huile de poisson. Mais les Drs Milner et Blackburn ont adopté une attitude très conservatrice à regard des thérapies à base d’huile de poisson pour les autres personnes. Ainsi, le Dr Milner déconseille de prendre des gélules d’huile de poisson pour toute autre raison, à cause de leurs effets à long terme encore inconnus. « Je n’administre jamais de suppléments d’huile de poisson à mes patients, sauf s’ils doivent subir une angioplastie coronarienne », affirme-t-il.

Dans le cadre d’une étude ayant pour objet des effets de l’huile de poisson sur des patients cardiaques. 194 patients ayant subi une angioplastie avec succès ont été divisés en 2 groupes. Les sujets d’un des groupes prirent 9 gélules d’huile de poisson tous les jours pendant les 6 mois suivant leur opération. Chaque gélule contenait au total 4.5 grammes d’acides gras oméga 3, ce qui représente la quantité d’huile de poisson que renferment 2 boîtes de sardines en conserve.

Les sujets de l’autre groupe ne prenaient pas d’huile de poisson, mais ils avaient eux aussi reçu la consigne d’adopter un régime alimentaire limité en graisses. Les sujets des deux groupes suivaient par ailleurs les mêmes thérapies post-opératoires. De plus, des infirmières possédant une formation en diététique appelaient les sujets tous les mois pour leur donner des conseils et véfifier qu’ils respectaient bien leur régime alimentaire.
À l’issue de cette étude, le Dr Milner a noté que les sujets des 2 groupes avaient bien respecté leur régime alimentaire. « Ils ont vraiment essayé de suivre un régime à teneur réduite en cholestérol », a-t-il souligné. De fait, la consommation de cholestérol des sujets était limitée à 100 milligrammes par jour, tandis que les graisses alimentaires ne représentaient que 25 % de leur apport calorique quotidien. Au bout de six mois. 35,4 % des sujets qui ne prenaient pas
d’huile de poisson présentaient des signes indiquant que leurs artères dilatées avaient de nouveau commencé à se rétrécir.

Ces mêmes symptômes n’ont été observés que chez 19 % des sujets de l’autre groupe, a précisé le Dr Milner. Notez cependant que l’étude, 11 sujets ont cessé de prendre les doses élevées d’huile de poisson à cause d’effets secondaires désagréables mais inoffensifs, comme des flatulences et d’autres troubles mineurs de la digestion. Le Dr Milner a cependant indiqué que la plupart des patients étaient disposés à tolérer les effets secondaires si cela pouvait leur permettre de réduire leurs risques de devoir subir une nouvelle angioplastie
ou un pontage cardiaque. En fait, l’angioplastie coronarienne est moins éprouvante que le pontage cardiaque, car il n’est pas nécessaire de pratiquer une incision dans la cavité pulmonaire.
En général, le médecin fait plutôt une incision dans l’artère d’un bras ou d’une jambe et y insère une sonde munie d’un ballonnet. D pousse ensuite cette sonde jusqu’à ce que l’extrémité de celle-ci parvienne à l’endroit où l’artère coronarienne est rétrécie par une plaque d’athérome. Le médecin gonfle enfin le ballonnet, qui écrase alors cette plaque d’athérome contre la paroi de l’artère, et rétablit un calibre artériel suffisant. (Plusieurs blocages peuvent être éliminés au cours de la même opération.)

Par ailleurs, il a été prouvé que l’aspirine pouvait être utile pour réduire les crises cardiaques qui survenaient pendant ou peu après une angioplastie. Cependant, le Dr Milner. professeur adjoint de médecine à l’université George Washington explique que l’aspirine ne semble pas réduire sigruficativement le taux de resténose, c’est-à-dire le nombre de réapparition d’un rétrécissement artériel précédemment supprimé. En fait, les conclusions du Dr Milner sont rejoignent les résultats d’une étude moins importante menée sur 82 patients, au Dallas VA Médical Center, citée dans
The New England Journal of Médiane. Diverses équipes mènent actuellement des recherches pour confirmer les résultats du Dr Milner.

Pour revenir à l’huile de poisson, il semble quelle puisse supprimer l’inflammation qui suit une blessure. En effet, lors d’une angioplastie, la paroi artérielle intérieure est parfois endommagée par la sonde. Or, si la région endommagée guérit rapidement, une inflammation excessive des tissus cicatriciels et des caillots de sang peuvent se combiner et rebloquer l’artère. Heureusement, l’huile de poisson semble ralentir le processus de guénson favorablement trop rapide et prévenir l’inflammation et les tissus cicatriciels. Elle semble aussi ré-
duire la tendance des plaquettes à s’agglutiner et à former de nouveaux caillots.
Il est bon de noter aussi que les membranes extérieures de presque toutes les cellules contiennent des huiles appelées acides gras oméga 6. Or, des mégadoses d’acides gras oméga 3 modifient les membranes cellulaires. Les acides gras oméga 6 sont alors remplacés par des acides gras oméga 3. Or, ces changements semblent rendre les membranes cellulaires moins « réactives-, explique le Dr Milner.
Par conséquent, une personne dont les membranes cellulaires contiennent des quantités élevées d’acides gras oméga 3 peut avoir des globules blancs qui provoqueraient plus lentement une inflammation et des globules rouges qui entraîneraient plus lentement aussi la formation de caillots. Or, ce sont là 2 effets bénéfiques pour le cœur.

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