L'insuline et les maladies cardiaques

L'insuline et les maladies cardiaques

L’insuline et les maladies cardiaques

Un rapport publié dans Science News indique que des taux élevés d’insuline dans le sang peuvent être un facteur de risques de maladies cardiaques chez 25 % des personnes « minces et saines ».
Ce fait a été confirmé par un rapport récent présenté à l`American Diabètes Association par le Dr Annick Fontbonne, chercheur à l’Institut National Français pour la Santé et la Recherche Médicale. En effet, le Dr Fontbonne a déclaré : « nos études indiquent que le premier signe d’une hausse de risque de maladie coronarienne est une hausse du taux d’insuline ».
Les chercheurs croient donc que des quantités excessives d’insuline endommagent silencieusement le système cardio-vasculaire à long terme, bien qu’ils ne sachent pas exactement comment. Aujourd’hui, certains estiment même que des taux élevés d ‘ insuline pourraient directement endommager les parois des artères et entraîner des accumulations de matières grasses qui rétrécissent les artères.

En fait, les personnes qui présentent des taux sanguins d’insuline trop élevés souffrent en général d’un problème appelé « résistance à l’insuline ». Ce problème survient lorsque le pancréas produit suffisamment d’insuline (une hormone qui amène les cellules à intégrer du sucre – ou glucose – dans la circulation sanguine) alors que l’organisme ne réagit pas normalement. Les taux de glycémie ou de sucre dans le sang s’élèvent alors, de sorte que le pancréas se met à produire plus d’insuline pour satisfaire la demande de l’organisme en cette substance.
De même, le diabète non insulino-dépendant, aussi appelé diabète de Type II, est provoqué par des taux de glycémie élevés. Il frappe aujourd’hui 10 millions d’américains, en général des personnes obèses âgées de plus de 40 ans. En fait, les personnes souffrant de diabète non insulino-dépendant ont entre 2 et 4 fois plus de chances de développer des maladies cardiaques que celles qui ne souffrent pas de cette maladie. Mais toutes les personnes qui présentent une résistance à l’insuline ne sont pas diabétiques. Le Dr Gerald M. Reaven, de la faculté de médecine de l’université Stanford, mène des recherches sur la résistance à l’insuline depuis plus de 20 ans, et il a identifié ce qu’il appelle le « syndrome X » pour décrire les facteurs de risques auxquels sont exposées les personnes saines qui ont une résistance à l’insuline.

Ces facteurs de risque sont :

• L’hypertension artérielle ;
• Des taux élevés de triglycérides (une forme de graisse présente dans le sang) ;
• Une diminution du taux de « bon » cholestérol (lipoprotéines de haute densité) ;
• Des taux élevés de cholestérol.

Or. bien que les personnes souffrant de diabète insulino-dépendant, ou diabète de Type I. soient réellement exposées à un risque de maladies cardiaques, le Dr Reaven a beaucoup de mal à convaincre les spécialistes du diabète que les personnes qui ont une résistance à l’insuline, qu’elles soient diabétiques ou non. sont aussi exposées à ce risque.
Même si la théorie sous-tendant le syndrome X est controversée, elle permet d’expliquer pourquoi certaines personnes dans des pays comme l’Inde et le Pakistan présentent des taux plus faibles de cholestérol, mais un risque plus élevé de maladies cardiaques.
De nombreux chercheurs pensent que le syndrome X est un facteur héréditaire. Mais des recherches plus poussées seront effectuées pour déterminer si des facteurs environnementaux, comme l’obésité, pourraient le déclencher.

Par ailleurs, des études menées en France et en Italie ont confirmé la théorie du syndrome X, qui a aussi été éprouvée à la faculté de médecine de Pittsburg. Là, des chercheurs ont mené une étude sur 489 femmes blanches ménopausées, en bonne santé et âgées de 42 à 52 ans. Lors de cette étude, ils ont observé que le risque de maladies cardiaques augmentait à mesure que les taux sanguins d’insuline s’élevaient.
Ainsi, les femmes considérées présentaient en moyenne un taux de cholestérol total de 185, ce qui est considéré comme normal. Mais les chercheurs ont constaté que « les femmes qui affichaient les taux d’insuline les plus élevés étaient les plus susceptibles de faire de l’hypertension et d’avoir des taux plus élevés de triglycérides et des taux moins élevés de « bon » cholestérol ». De plus, on signale dans Médical World News que les taux d’insuline augmentaient à mesure que la masse corporelle (poids en kilogrammes divisé par la taille mesurée en mètres) augmentait. Mais l’étude n’offre aucun indice permettant de déterminer ce qui se produisait en premier lieu : l’augmentation du poids ou l’élévation des taux d’insuline ?

D’autres études ont établi que des taux élevés d’insuline constituaient un facteur de risques de maladies cardiaques
pour les hommes. Ainsi, dans un exposé récent devant l`American Diabètes Association, le chercheur israélien Michaela Modan a déclaré que des tests de résistance à l’insuline pouvaient être un indicateur encore plus précoce des risques de maladies coronariennes que l’évaluation des taux de cholestérol ou d’autres lipides dans le sang. Le Dr Modan suggère d’ailleurs que l’élaboration d’un simple test de résistance à l’insuline pourrait ouvrir la voie au
dépistage en masse des maladies cardiaques. Dans ses recherches, le Dr Modan a utilisé un simple test oral de tolérance au glucose. Ce test consistait à prélever des échantillons de sang à plusieurs reprises durant une période de 2 heures. Cette méthode peu sophistiquée est efficace, mais elle n’est pas, selon le Dr Modan, assez simple pour le dépistage à grande échelle.

Attention : l’hypertension est un facteur de risques indépendant associé aux maladies cardiaques, mais il est 3 fois plus élevé en présence d’hyperinsulinémie. Notez enfin que chez les personnes obèses, la perte de poids et l’activité physique sont généralement utiles pour réduire ou éliminer l’hyperinsulinémie.

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