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Lors de transfusions sanguines : comment se protéger à 100 % contre le SIDA ?

Si vous subissez une intervention chirurgicale et avez besoin d’une transfusion sanguine, comment pouvez-vous être certain que le sang que vous recevez n’est pas contaminé par le virus mortel du SIDA ? C’est là une question que bon nombre de personnes se posent, depuis que l’on a découvert que cette maladie mortelle pouvait se transmettre par le sang et les transfusions sanguines.
Bien que l’on fasse maintenant des tests très précis pour éliminer le sang contaminé, il reste néanmoins toujours certains risques. Depuis mars 1985, tout le sang des donneurs aux États-Unis, est testé pour le virus HIV, cause du SIDA. On vérifie également que le sang ne soit pas contaminé par l’hépatite B, la syphilis une autre forme d’hépatite rare. Mais, malgré toutes ces précautions, le ministre de la Santé des États-Unis estime qu’au moins un don de sang sur 100.000 est contaminé par le virus du SIDA et transfusé à un patient qui ne se doute de rien.
Pour être certain de vous préserver du SIDA par transfusions sanguines, donnez votre propre sang qui sera conservé jusqu’à ce que vous en ayez besoin. Lors d’une intervention chirurgicale, vous ne prenez aucun risque lorsque les choses se passent ainsi : pendant 1*intervention, les médecins recueillent le sang qui coule des plaies et le recycle pour vous le transfuser.

On appelle cette technique une auto-transfusion. Cela signifie que vous vous donnez votre propre sang. De plus, en raison de l’épidémie de SIDA, bon nombre de médecins sont plus réticent pour tranfuser. Aux États-Unis, les National Institutes of Health (NIH) ont demandé que toutes les transfusions soient limitées au minimum, ce qui signifie qu’il ne faut en pratiquer qu’en cas d’absolue nécessité. Dans certains
cas. le médecin surveille son patient pendant les premières étapes de son rétablissement et lui prescrit des suppléments de fer pour éviter une transfusion. Car, comme le souligne Tibor J. Greenwalt, de l’université de Cincinnati, dans un rapport publié dans Science News « chaque unité de sang donné que vous recevez augmente vos ris-
ques de contracter la maladie ; par conséquent, mieux vaut en recevoir le moins possible ». Le Dr Greenwalt a présidé une conférence récente sur les transfusions sanguines aux National Institutes of health.

Toutefois, il peut arriver que vous ayez besoin de sang et qu’une transfusion sanguine soit inévitable. Voici donc les diverses mesures à prendre pour vous assurer que le sang que vous recevez est sain.

L’auto-transfusion en chirurgie

Certains hôpitaux sont maintenant en mesure de « recycler » le sang perdu pendant l’intervention chirurgicale, réduisant ainsi le nombre de transfusions nécessaires. Le sang du patient qui était autrefois drainé hors de l’organisme et jeté, est à présent filtré, nettoyé, traité et transfusé au patient. Plus précisément, le sang est d’abord retiré de la plaie par succion. Il est ensuite filtré pour en retirer les caillots dangereux et tout corps étranger. Parfois même, on y ajoute des substances pour l’éclaircir. Dans certains hôpitaux, le sang est filtré dans une centrifugeuse où seuls, les globules rouges sont conservés.  Enfin, le sang peut être passé dans une solution stérile avant d’être transfusé au patient.

Approuvé en 1988, le système d’auto-transfusion Solocotrans est utilisé pour recueillir et recycler le sang pendant les interventions chirurgicales en orthopédie. Depuis quelques années d’autres systèmes sont utilisés de façon restreinte, mais l’épidémie du SIDA et les améliorations apportées à ces systèmes en ont rendu l’utilisation plus fréquente. Le « Cell Sa ver System » peut, lui aussi, être utilisé lors d’interventions chirurgicales qui entraînent généralement d’importantes pertes de sang, comme une opération à cœur ouvert, des opérations du foie ou de la rate, une intervention suite à une grossesse ectopique (à l’extérieur de l’utérus) ou une chirurgie orthopédique.

Les auto-transfusions sont généralement rapides. Elles sont généralement couvertes par la Sécurité Sociale. En outre, il faut moins de temps pour préparer l’équipement nécessaire à une auto-transfusion que pour vérifier le groupe sanguin du patient
et l’assortir à celui de donneurs potentiels dans une banque de sang. Cependant, il peut arriver qu’une quantité de sang supplémentaire soit nécessaire. En effet, les médecins estiment que, seul un tiers des patients ayant recours aux auto-transfusions, n’ont pas besoin de dons supplémentaires. Par conséquent, les deux tiers restants ont quand même besoin de sang provenant de donneurs.
Si vous envisagez une opération à cœur ouvert ou tout autre type d’intervention chirurgicale, renseignez-vous pour savoir si l’hôpital où vous comptez vous faire opérer est équipé d’un appareil pour faire des auto-transfusions. D’autre part, si vous devez subir une intervention chirurgicale d’urgence, vous n’aurez pas beaucoup de temps pour faire des arrangements en vue d’une auto-transfusion. Pour éviter tout risque, vérifiez quels sont les services offerts dans les hôpitaux où vous pouvez vous faire opérer.

Donnez votre propre sang à l’avance

Si vous envisagez une intervention chirurgicale, sachez que bon nombre d’hôpitaux et de banques du sang vous permettront de donner votre propre sang à l’avance. Ce sang sera conservé et on vous le transfusera, si vous en avez besoin pendant l’intervention.
D y a toutefois un délai d’utilisation. Le sang frais ne peut être conservé que pendant 35 jours environ, et vous ne pouvez en donner qu’une quantité limitée immédiatement avant l’opération prévue.
Évidement. vous pouvez donner du sang qui peut être congelé pendant une période maximale de 3 ans et décongelé pour transfusion, mais cette solution peut être extrêmement coû-
teuse. Aux États-Unis, certains experts dans ce domaine estiment qu’il peut vous en coûter 50 F environ pour faire congeler une unité de sang et 1.250 F pour le faire décongeler, sans compter les frais de stockage et de conservation. L’espace réservé au stockage est d’ailleurs limité, ce qui fait augmenter le prix déjà élevé d’une unité de sang. Pourtant, certains hôpitaux, comme l’hôpital Central General de Long Island. à New York, ont déjà mis sur pied des banques de sang où les patients peuvent donner leur propre sang pour une utilisation future.

Cependant, les personnes de plus de 50 ans ou celles ayant de faibles numérations globulaires peuvent éprouver certaines réticences à donner leur propre sang, car cela peut les affaiblir et ralentir leur rétablissement après l’intervention. En outre, en cas d’interventions répétées, le patient peut ne pas avoir le temps de se rétablir suffisamment pour pouvoir donner du sang avant sa prochaine opération.

Faites des pré-arrangements avec des donneurs sûrs

Faites établir le groupe sanguin auquel vous appartenez et celui des membres de votre famille immédiate, de vos parents proches ou de vos meilleurs amis. Entendez-vous pour que, en cas d’urgence, toute personne appartenant au bon groupe sanguin donne du sang à celle qui en a besoin. Vous pouvez aussi garder sur vous une liste des personnes ayant le même groupe sanguin que vous, avec leur numéro de téléphone. Ainsi, si vous avez un accident ou si vous devez subir une intervention chirurgicale urgente, ces personnes pourront être averties. Si vous envisagez une intervention chirurgicale, sachez que votre famille et vos amis peuvent donner du sang à un « bénéficiaire spécifique ». Cela signifie que le sang qu’ils donnent est étiqueté et conservé pour vous, uniquement.

Cependant, même les personnes que vous connaissez peuvent faire partie des gens à risques, mais se sentir obligées de vous donner leur sang. Dans un tel cas, cela pourrait compromettre votre facteur de sécurité.
Aussi, assurez-vous d’abord qu’aucun des donneurs n’a eu ce que le ministère de la Santé qualifie de « comportement à risques ». On entend par comportement à risques des relations homosexuelles, une consommation de drogues illégales par voie intraveineuse, la promiscuité sexuelle et des rapports intimes avec des personnes ayant de tels comportements.

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