Risqueriez vous un accident cérébro-vasculaire pour un peu de fumée

Risqueriez vous un accident cérébro-vasculaire pour un peu de fumée

Risqueriez vous un accident cérébro-vasculaire pour un peu de fumée ?

Une nouvelle étude portant sur des jumeaux a découvert que le tabagisme est un « facteur important » dans le développement de l’athérosclérose de la carotide qui se manifeste par un durcissement et un rétrécissement des grosses artères qui alimentent le cerveau en sang.
Cette étude, relatée dans la revue Circulation a été menée en Finlande auprès de 49 paires de jumeaux identiques. Elle a conclu à une association « hautement significative » entre le tabagisme et l’athérosclérose de la carotide, après avoir procédé aux ajustements relatifs à d’autres facteurs tels que l’âge, le taux de cholestérol et l’hypertension artérielle.
D’autre part, les jumeaux avaient été sélectionnés selon des critères bien spécifiques. Dans chacune des paires de jumeaux étudiée, l’un était non-fumeur ou n’avait jamais fumé quotidiennement, tandis que l’autre était un fumeur ou un ancien fumeur. Les jumeaux fumeurs consommaient une quantité moyenne de « 20 paquets-années », soit l’équivalent d’1 paquet de cigarettes par jour, pendant 20 ans.

Tandis que la moyenne des jumeaux non-fumeurs, qui avaient fumé, était inférieure à 5 paquets (100 cigarettes) durant toute leur vie.
En raison de la difficulté à mener des études bien contrôlées sur des populations humaines, les chercheurs se tournent souvent vers les jumeaux identiques qui permettent, à certains égards, « des expériences naturelles ». En effet, les deux jumeaux ont le même code génétique, ce qui limite une variable importante et fournit aux chercheurs l’occasion d’étudier les effets du mode de vie et des facteurs environnementaux comme le tabagisme.

En outre, grâce à des examens externes aux ultra-sons, les chercheurs ont mesuré les « plaques » dans les artères carotides des jumeaux. (La plaque est un dépôt adipeux qui s’attache à la paroi d’un vaisseau sanguin.) D’autres études avaient déjà révélé une forte association entre le développement des plaques dans l’aorte abdominale, les artères du cœur et les principales artères des jambes, selon les chercheurs finnois.
Mais cette fois on a constaté un rétrécissement des artères carotides chez 9 des 49 paires de jumeaux. Neuf jumeaux fumeurs et deux de leurs jumeaux non-fumeurs étaient atteints aussi.

Toutefois, on peut noter que la surface totale des plaques qui rétrécissent les artères carotides était trois fois plus grande chez les jumeaux fumeurs. De plus, la paroi interne des artères carotides était plus épaisse chez les jumeaux fumeurs, mais la surface totale et l’épaisseur des dépôts étaient en étroite corrélation avec la dose de fumée inhalée. En conclusion, on pourrait dire en d’autre termes que plus on fume, plus l’obstruction est importante. Et, en se fondant
sur cette étude d’une durée de 12 ans, les chercheurs ont con-
clu que « les risques de maladies coronariennes sont significativement plus élevés chez les fumeurs que chez les non fumeurs ».
Pour notre part, nous considérons que cette étude démontre que le tabagisme augmente considérablement les risques d’obstruction des artères du cou. D’autre part, la présence de dépôts de plaque fait augmenter les risques d’accidents cérébro-vasculaires et d’hémorragies dus à l’affaiblissement ou à l’obstruction des artères.

De fait, des scientifiques australiens révèlent dans la revue The Lancet que les fumeurs de cigarette courent 3 à 4 fois plus de risques de voir se déclarer des accidents cérébro-vasculaires que les non-fumeurs. C’est pourquoi, si vous fumez 2 paquets de cigarettes par jour, vos risques d’accident cérébro-vasculaire seront 2 fois plus élevés que ceux d’une personne du même âge qui ne fume qu’l paquet de cigarettes par jour. Par ailleurs, si vous vivez avec un fumeur, vous inhalez de la fumée secondaire et présentez aussi des risques d’accident cérébro-vasculaires. Ajoutons encore qu’il existe divers types d’accidents cérébro-vasculaires causés par des saignements dans le cerveau (hémorragie cérébrale) ou par un caillot sanguin qui voyage du cœur au cerveau (embolie cérébrale). De plus, le durcissement des artères du cerveau et du cou peut entraîner l’obstruction des principaux vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau. C’est ce qu’on appelle une thrombose cérébrale : le tabagisme en est l’une des causes principales.

Par ailleurs, les chercheurs ont examiné le lien qui peut exister entre le tabagisme et les accidents cérébro-vasculaires. De précédentes études avaient déjà montré que le tabagisme chronique endommage les parois internes des artères et entraîne l’épaississement du sang et le ralentissement de la circulation, mais sans « incriminer directement le tabac » comme facteur de risque d’accident cérébro-vasculaire.
Ds ont donc étudié 844 personnes dont 422 victimes d’un premier accident cérébro-vasculaire, et 422 résidents de la même région qui n’avaient jamais eu d’accidents cérébro-vasculaires. L’âge moyen des participants était de 65 ans.
Pour choisir les victimes d’accidents cérébro-vasculaires participant à l’étude, les chercheurs utilisèrent un scintigraphe très perfectionné pour déterminer la nature exacte de l’accident cérébro-vasculaire dont ils avaient souffert. Ils interrogèrent les patients au sujet de leurs anciennes habitudes alimentaires, leur activité physique, leurs antécédents médicaux, leur consommation d’alcool et leurs habitudes liées au tabac (ce qu’ils fumaient, en quelle quantité et pendant combien de temps).

Parmi les victimes d’accidents cérébro-vasculaires. 32 % étaient des fumeurs. 34 % d’anciens fumeurs et 34 % n’avaient jamais fumé.
Parmi les sujets qui n’avaient jamais souffert d’accident cérébro-vasculaire. 18 % étaient des fumeurs, 32 % d’anciens fumeurs et 49 % n’avaient jamais fumé. L’étude a conclu que « le tabagisme, l’hypertension artérielle (pression sanguine élevée) et des antécédents de crise cardiaque étaient des facteurs de risques significatifs et indépendants, tandis que la consommation d’alcool semblait procurer un effet de protection modeste mais non négligeable. »

D’autre part, les risques d’accidents cérébro-vasculaires étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Les risques d’accidents cérébro-vasculaires des fumeurs étaient à peu près égaux à leurs risques de crise cardiaque. Ces risques demeuraient élevés même 10 ans après avoir cessé de fumer. Or, d’après les chercheurs, certains des effets du tabagisme sont réversibles, mais comme les risques d’accidents cérébro-vasculaires persistent pendant 10 ans ou plus, ils estiment que le tabagisme a des effets plus durables qu’on ne le croyait autrefois.

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